Villa présumée de Mamadi Doumbouya en France : les Guinéens méritent des réponses, pas le silence
En politique, le silence est rarement neutre. Il nourrit les interrogations, renforce les soupçons et fragilise la confiance. C’est précisément ce qui se produit lorsqu’un chef d’État est publiquement associé à un patrimoine immobilier à l’étranger sans qu’aucune explication claire ne soit apportée.
Depuis plusieurs semaines, des informations circulent au sujet d’une villa située au 281 rue des Blés, dans la commune des Mages, en France, qui serait liée au chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya.
Si ces informations sont exactes, les Guinéens sont en droit de connaître l’origine des fonds ayant servi à financer ce bien. Si elles sont inexactes, il appartient également aux autorités de les démentir avec des éléments concrets. Dans les deux cas, la transparence est la seule réponse crédible.
Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, les autorités militaires ont promis une rupture avec les pratiques du passé, une gouvernance exemplaire et une lutte déterminée contre la corruption.
Ces engagements créent une responsabilité particulière : celle d’accepter le contrôle citoyen et de répondre aux questions qui touchent à la gestion des ressources publiques.
Pendant que de nombreux Guinéens font face au chômage, à la vie chère et aux difficultés d’accès aux services essentiels, toute interrogation sur le patrimoine d’un dirigeant prend une dimension politique.
Ce n’est pas une affaire de curiosité. C’est une exigence de redevabilité.
Dans un État de droit, aucun responsable public ne devrait craindre de publier une déclaration de patrimoine ou d’expliquer l’origine de ses investissements. Au contraire, cette démarche renforce la confiance et protège les institutions contre les rumeurs.
La Guinée ne pourra bâtir une gouvernance crédible que si les principes de transparence s’appliquent à tous, sans distinction de fonction ou de rang. Les citoyens n’attendent pas des privilèges pour leurs dirigeants ; ils attendent de l’exemplarité.
L’avenir du pays ne dépendra pas seulement des discours ou des promesses. Il dépendra surtout de la capacité des dirigeants à démontrer que l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers.
Une démocratie solide se construit avec des institutions fortes, une justice indépendante et des dirigeants qui rendent des comptes.
Le peuple guinéen mérite des réponses claires. La transparence n’est pas une concession faite aux citoyens : elle est le fondement même de la confiance entre ceux qui gouvernent et ceux qui leur confient le destin de la Nation.
La cour de répression des infractions économiques et financières devrait se saisir de cette affaire de Villa dans la commune les Mages au 281 rue des blés les Mages en France.
Vive la transparence dans la gestion publique en République de Guinée.








