La capture de Nicolas Maduro par les États-Unis : une violation manifeste du droit international
Quelles que soient les justifications avancées par Washington, la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis constitue, selon moi, une violation manifeste du droit international et une atteinte grave au principe de souveraineté des États.
Ce qui s’est produit dépasse largement le cadre d’un simple contentieux politique ou judiciaire : il s’agit d’un acte de force aux conséquences profondes pour l’ordre mondial.
Depuis plusieurs années, Nicolas Maduro est la cible d’accusations multiples, notamment de la part des autorités américaines. Ces accusations, qu’elles soient fondées ou non, ne sauraient en aucun cas légitimer une opération unilatérale menée contre un chef d’État en exercice.
Le droit international est explicite sur ce point : un président bénéficie d’une immunité et ne peut être appréhendé par une puissance étrangère en dehors de mécanismes juridiques internationaux clairement établis.
En procédant de la sorte, les États-Unis s’arrogent un rôle qui n’est pas le leur. Ils se placent au-dessus des institutions internationales, contournent les cadres multilatéraux et imposent leur propre conception de la justice par la contrainte. Ce n’est plus du droit, c’est un rapport de force assumé.
Et lorsque le rapport de force remplace la règle, ce sont toujours les États les plus faibles qui en paient le prix.

Un précédent dangereux pour l’ordre international
Ce précédent est d’autant plus inquiétant qu’il banalise l’idée qu’un État puissant puisse capturer un dirigeant étranger au nom de ses propres lois. Si ce principe venait à être accepté, plus aucun chef d’État ne serait à l’abri. Aujourd’hui Caracas, demain qui ? L’histoire montre que ce type de logique ne conduit ni à la justice ni à la stabilité, mais à l’escalade et à la méfiance généralisée.
Il ne s’agit pas ici de sanctifier Nicolas Maduro ni de nier la crise politique, économique et sociale que traverse le Venezuela. Il s’agit de rappeler une évidence trop souvent oubliée : le droit international n’est pas optionnel. On ne peut pas le brandir quand il sert ses intérêts et l’ignorer lorsqu’il devient contraignant.
Le droit ou la loi du plus fort
En réalité, ce qui est en jeu dépasse le cas vénézuélien. C’est la survie même d’un ordre international fondé sur des règles communes. En validant ce type d’opération, on accepte l’idée que la puissance militaire et politique prime sur le droit. Et un monde régi par cette logique est un monde instable, dangereux et profondément injuste.
Pour toutes ces raisons, je considère que la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis constitue un acte illégal au regard du droit international et un précédent lourd de menaces pour l’équilibre mondial.

